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« Chaque visage est un miracle », un spectacle miraculeux !

« Chaque visage est un miracle », un spectacle miraculeux !



Château-Thierry -

Une journée et demie de présence au lycée Jean de La Fontaine, un temps record pour mener à bien la mission périlleuse qu’a relevée le collectif terre d'Utopies : Sabine Stourbe, Thierry Birrer, Jacques Pannier, Sarah Berthonneau et la professeure de Français et théâtre, Patricia Malherme.

Au départ, 34 élèves de 1ere ES - motivés - et une douzaine de résidents de Coallia d'Essômes-sur-Marne... A la 1ere représentation, -le spectacle de l'après-midi- la troupe au complet présente la performance devant plusieurs classes du lycée.  A la 2nd représentation -le spectacle du soir- l'effectif réduit de moitié, beaucoup d'élèves n'ayant pu se rendre disponibles, et donc ils disposent de moins de 10 minutes pour tout ré-agencer, juste avant d'accueillir le public !

Mais tout est possible quand on fait confiance et qu'on ouvre en chacun,e l'estime de soi et la possibilité de faire et d'être.

Avant que la performance ne commence, c'est une opposition qu'on voit sur la scène : on peut remarquer deux lieux, deux « camps » bien distincts, avec beaucoup de grilles. Des grilles qui cachent et séparent. Des grilles qui enferment et délimitent. Et au milieu des deux zones : le personnage principal de la performance : La Frontière.

Parce que cette performance est en effet une interrogation sur nos notions de frontière : l'accueil que l'on fait ou pas à l'Altérité. Cet Autre-là qui n'est pas moi et qui est, pourtant, si proche à la fois. Considérant qu'on est tous l'Autre de l'Autre quelque part et que tout le monde a envie d'être accueilli,e, oui, n'est-ce pas ? 

Un sujet brûlant d'actualité, bien réel sur la scène et dans la vraie vie, puisque le quart des acteurs du jour sont des réfugiés de guerre âgés de 17 à 45 ans, en provenance de Calais, hébergés par Coallia en attendant leurs papiers...Les jeunes, quant à eux, ne sont pas complètement étrangers à cette problématique de l'accueil dans leur vie au quotidien : ils ont dit à la troupe de terre d'Utopies combien il était difficile de se faire accepter dans ses différences par les autres...

Pour réfléchir ensemble à cette question de la frontière, la metteure en scène de terre d'Utopies, Sabine Stourbe, a imaginé un tricotage de plusieurs éléments différents :

Les deux poèmes que donnent les acteurs en herbe : Mon ami, ne m'appelle pas étranger du poète haïtien Gary Klang et  Chaque visage est un miracle  du poète marocain Tahar Ben Jelloun, une bande son et des extraits de vidéos, le tout bien assemblé et séquencé pour avoir, chacun, un impact sur le public qui, au fil du spectacle, fait partie intégrante de l'interrogation.

Tout commence avec une des séquences vidéos du Stabat Mater Furiosa, Faire le pari d'autres possibles, spectacle actuellement en tournée de terre d'UTopies. Une séquence vidéo où on voit le paradigme guerrier dans lequel s'est perdu le 20° siècle. Les guerres d'hier à aujourd'hui s'invitent sur scène, résonnant avec l'actualité tragique des migrants, faisant des acteurs des deux « camps » qui se trouvent sur scène des pantins désarticulés. Nous avons en effet la guerre en partage. Nous, hier ; les migrants aujourd'hui.

Dans un second temps, deux penseurs apaisants du Monde, Pierre Rabhi, et Christophe André (des extraits là encore du spectacle de terre d'Utopies) proposent leurs outils de transformation : la conscience et l'empathie pour faire le choix lucide de nos mieux aujourd'hui : se connaître soi-même dans ses pulsions d'agressivité, faire le choix conscient de la paix en soi...

Du coup, le dialogue sur scène peut avoir lieu. Les migrants et résidents de Coallia font entendre le poème de Gary Klang et s'adressent à l'autre camp. De manière touchante, puisque parlant depuis la voix du cœur, ils proposent la tolérance plutôt que la haine, l'accueil plutôt que l'exclusion, la mise en commun des différences dans le respect de chacun,e.

« Ami, ne m'appelle pas étranger » [...] « Comme toi nous sommes poussières d'étoiles et nos ancêtres venus de la Terre d'ébène ». [...] « Approche tends-moi la main »

Chaque résident de Coallia fait entendre sa voix, en français, en anglais ou dans sa langue natale. Laquelle charrie le poids de l'histoire de chacun,e. Ce qui est au-delà des mots passe de cœur en cœur. Et ça touche. En plein dans la mire.

Si bien que certains dans le « camp » des élèves brisent l'idée d'opposition quand ils traversent la frontière tracée au sol. Réfugiés et élèves s'étreignent, se tendent la main, s'acceptent...

Manière de réfléchir sur nos entrées en relations...comment considère-t-on l'Autre ? De manière bienveillante ou guerrière ? Méfiante ou confiante ? En fermeture ou en ouverture ? Comment je fais, moi, avec ma frontière ? Et quel souhait dans la manière dont les autres interagissent avec moi ? 

Pour continuer à s'interroger, Thierry, polyvalent avec terre d'Utopies puisqu'à la technique et surtout auteur-reporter qui connaît bien le sujet puisque travaillant ces notions de « frontière » depuis longtemps, descend de la régie. Dans le cadre d'une mini-conférence (la version longue existe en tant qu'atelier qu'il donne dans des établissements scolaires), il nous partage le fruit de ses expériences et connaissances sur le sujet.

Nous sommes habitués à penser en système d'opposition, en systèmes de pensées binaires :  la théologie et la philo, la richesse et la pauvreté, l'étudiant et l'illettré, le rêve et la réalité...  Il y a toujours et partout une frontière entre nous et dans nos manières de penser et d'être : une ligne, un mur. Pourquoi ne pas mettre ces deux polarités en dialogue ? Considérer que l'humanité ce n'est peut-être ni toi ni moi mais cet entre-deux que nous allons, pouvons construire ensemble ? Un peu comme ce que les élèves de Première qui interprètent le poème de Tahar Ben Jelloun et nous disent à la fin :

« La vie est justement ce miracle ce mouvement permanent et bougeant et qui ne reproduit jamais le même visage. Vivre ensemble est une aventure ou l'amour et l'amitié sont une belle rencontre avec ce qui n'est pas moi, ce qui est toujours différent de moi et qui m'enrichit. »

Alors, on laisse les vers du poète s'infuser en nous et nous agir. Les deux camps se rencontrent et deux par deux, venant de part et d'autre, les acteurs longent la frontière et viennent devant et avec le public pour partager chacun,e leurs valeurs humaines essentielles. On constate -mais en doutions-nous ? - que chacun,e a des valeurs communes en partage. Ce qui donnent du sens à sa vie.

Et puis, c'est le moment du final. Sabine gravit les marches des gradins et donne à entendre la fin du Stabat Mater Furiosa, cette fin du poème qui fait la part belle à l'espérance.

Il n'appartient qu'à nous - si on le désire - d'apprendre nos enfants à la tolérance, à la bienveillance, à la curiosité de Soi et de l'Autre. Il n'appartient qu'à nous de décider d'être soi -principalement et déjà - le changement que l'on veut voir dans le Monde, oui ! La fin du poème dit ça en essence et substance.

Apprendre à se connaître soi, à cultiver l'empathie, à expérimenter que c'est avec l'autre que je peux définir qui je suis et s'ouvrir mutuellement des marges. Pour s'ouvrir nos frontières. Sarah à la fin demande à certaines personnes du public leurs valeurs humaines essentielles. Et alors, Jacques à la technique lumière baisse doucement les lumières avant les saluts.

A l'issue du spectacle tout le monde était très ému et les discours qui ont suivi en ont porté la trace. Omar Fenardji, Président de l'Association pour l'Amitié Franco Algérienne (APAFA) a rappelé que « le terme de migrant n'était pas approprié, que ces personnes sont des réfugiées de guerre dont il se sent proche pour avoir vécu des moments similaires. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'association a décidé de faire don de 200€ à Coallia à destination de leurs résidents.

 

Jean-Paul Clerbois, Maire d'Essômes sur Marne et partenaire du projet a remercié terre d'UTopies et tous ceux qui ont participé à ce moment de partage. Après un accueil des migrants plutôt difficile, - les peurs aidant et les appris aux frontières aussi-, il nous a appris que de nombreuses personnes ont proposé leurs aides et soutiens. Des cours de Français, des animations, une fête de bienvenue, des matchs de foot avec certains habitants ont facilité l'accueil des migrants en attendant leurs papiers ou une solution...

 

Madame Bevinetto, proviseure du lycée, très émue, s'est dite ravie du résultat obtenu en si peu de temps et enchantée des messages forts qu'elle avait pu entrevoir dans l'après-midi.

Quant aux élèves, qu'ils aient été spectateurs ou acteurs, ils disent avoir « grandi ». Dans un courrier qu'ils ont adressé à la Cie terre d'Utopies, les élèves de 1ere ST2S1 de Madame Aurore Noirault qui ont assisté au spectacle de l'après-midi, ont dit avoir apprécié de se « sentir impliqués directement dans le spectacle, se rendant compte que le racisme, ce malheur humain, ne touche pas que les adultes mais aussi les plus jeunes. C'est alors que chacun prend conscience de ce que ces personnes peuvent vivre au quotidien. Et de conclure leur lettre par ces mots : Nous sommes tous libres et égaux !

Belle performance, donc, qui fera pousser -souhaitons-le- les graines du changement de soi en chacun,e.

Le spectacle de terre d'UTopies «Stabat Mater Furiosa » de JP Siméon, Faire le Pari d'autres Possibles » se rejouera le lundi 8 Mai à 16h30 au Théâtr'O.

Réservations au 06 73 32 95 05  


 

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