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Les derniers vœux du SARCT

Les derniers vœux du SARCT



Château-Thierry -

L’événement est pratiquement passé inaperçu aux yeux du citoyen lambda. Pourtant, le samedi 12 janvier, lors de ses vœux en la salle communale de Blesmes, c’est la mort dans l’âme qu’André Simon, son président, a annoncé la fin du Syndicat d’Assainissement de la Région de Château-Thierry, plus connu sous l’acronyme de SARCT. Or, mine de rien, c’est une page de plus d’un demi-siècle de notre histoire locale qui se tourne…

Changement de mains

Depuis ce 1er janvier 2019 en effet, pour se conformer aux dispositions légales, c'est à la communauté d'agglomération qu'est désormais dévolue la compétence assainissement sur l'ensemble de son territoire ; la CARCT absorbant totalement le SARCT au premier jour de cette nouvelle année. Le projet de fusion du champ d'intervention du SARCT dans le périmètre de la com d'agglo a été acté lors du conseil communautaire du 15 octobre 2018. Par un vote ayant recueilli 83 voix pour, 8 abstentions et 2 non participations, l'intercom s'est  prononcée pour l'extension de la compétence à l'ensemble du territoire dès ce 1er janvier sans attendre donc la date butoir du 1er janvier 2020. Ce qui, de par les dispositions de la loi NOTRe, l'aurait alors obligée à restituer ladite compétence directement aux communes pour la seule année 2019 en engendrant bien des complications administratives. Concrètement, cela ne changera rien pour les habitants qui continueront à avoir comme interlocuteurs les ex-services du SARCT ; effectifs et infrastructures étant intégralement repris par la nouvelle régie d'assainissement de la communauté d'agglomération de la région de Château-Thierry ; service public industriel et commercial (SPIC) financé par la redevance. Par ailleurs,  depuis le 1er janvier 2017, la com d'agglo, sous la vice-présidence d'Yves Lévêque (en charge de l'assainissement et de la politique de l'eau), maire de Rocourt-St-Martin, exerce déjà la compétence du service d'assainissement collectif total ou partiel et non-collectif (SPANC) sur 62 communes, hors SARCT, sur les secteurs de Neuilly-St-Front, Fère-en-Tardenois et Condé-en-Brie.

 

Tout un monde, toute une culture

Fondé en 1966 par le maire castel Pierre Lemret, qui en a repris la présidence de 1977 à 2001, le syndicat, à l'origine, réunissait 4 communes : Château-Thierry, Etampes-sur-Marne, Chierry et Brasles au sein d'une première structure permettant la mise en œuvre d'un assainissement collectif. Au fil de ce demi-siècle passé, le SARCT n'a cessé de s'agrandir, regroupant avant sa dissolution le 31 décembre dernier 19 communes adhérentes : Belleau, Bézu-Saint-Germain, Blesmes, Bouresches, Brasles, Château-Thierry, Chierry, Epieds, Essômes-sur-Marne, Etampes-sur-Marne, Etrépilly, Fossoy, Gland, Mont-Saint-Père, Nesles-La-Montagne, Nogentel, Rocourt-Saint-Martin, Verdilly et Villeneuve-sur-Fère, représentées chacune par 2 délégués au sein d'un comité syndical. D'une capacité de traitement de 25 000 équivalents/habitants, la première station d'épuration, modernisée et agrandie en 1992 est passée à 32 000 E/H, avant de faire place en 2014 aux actuelles installations baptisées « Station Pierre Lemret » qui permet désormais de traiter les eaux usées de 46 000 équivalents habitants avec possibilité d'extension à 60 000. Des équipements ultra-modernes, performants et respectueux de l'environnement servis par 20 agents territoriaux, techniciens et personnel administratif.   

 

La vaine résistance d'André Simon

Avec l'extinction du SARCT, longtemps considéré comme l'un des derniers bastions du parti communiste local dans la lignée de Pierre Lemret, c'est un peu tout un monde et toute une culture qui disparaissent. Voyant, quant à lui, arriver le coup depuis un bout de temps, André Simon, sous la menace de voir présidence et comité syndical emporté par le fond, avait tout fait pour se raccrocher aux branches. Lors de la constitution du conseil de l'intercommunalité le 21 janvier 2017 à Fère-en-Tardenois, le maire de Blesmes avait d'abord brigué une vice-présidence (naturellement assortie de la délégation « assainissement »). Poste qu'il avait du reste publiquement appelé de ses vœux au SARCT quelques jours auparavant, malheureusement pour lui, sans succès. Contestant ensuite la décision de l'intercom quant aux dates d'application dans ses vœux 2018, l'infortuné président n'a pas manqué de réitérer sa désapprobation à l'occasion de la cérémonie de ce 12 janvier 2019 à Blesmes. Une décision selon lui : « uniquement politique ». André Simon précisant avec amertume : « Depuis la prise de mon dernier mandat au SARCT, ou un candidat avait été présenté contre moi à la présidence, je savais que je dérangeais. Lors de la délibération du conseil intercommunautaire, le 15 octobre, ayant compris que la messe était dite, j'ai refusé de voter. Pour l'assainissement, je me suis battu en tant que délégué dès 1989 et depuis mon élection en 2001 pour faire du SARCT ce qu'il est aujourd'hui. Je me suis battu aux côtés de mes collègues de l'Association des Maires de France, pour corriger la loi NOTRe en ce qui concerne son volet intercommunal, notamment pour les dispositions relatives à l'eau et l'assainissement. Je me suis battu pour essayer de faire adhérer au SARCT d'autres communes situées hors du périmètre de la CARCT pour éteindre le feu, mais les pressions qu'elles ont  subies ont été plus fortes que les besoins en assainissement de leur population ». Et de redoubler de colère : « Voila comment sont balayés plus de 52 ans de vie d'un service public d'assainissement et comment sont considérées les communes aujourd'hui ! »

 

« A tous ceux qui ont voulu tuer le Dédé... »

Enfin, le président déchu de terminer, des trémolos dans la voix : « Comme vous pouvez le constater, être président d'un service public comme le SARCT, ce n'est pas rester assis dans son fauteuil, mais être sur le terrain et à l'initiative ; et il en fallu de l'initiative et du courage pour se lancer en 2011 dans la reconstruction, sur le même site, d'une station qui existait depuis 4 décennies. Ce vaste chantier a duré trois ans et a couté près de 15 M€. Malgré ce lourd investissement le SARCT a rarement augmenté le prix de l'eau. Il est très peu endetté et pour une durée limitée. Ses résultats cumulés d'exploitation sont excédentaires de plus de 3 M€. Ce qui explique peut être l'empressement de la CARCT à récupérer ce bel outil très rapidement. Aujourd'hui, c'est une usine au service de l'environnement et des générations futures qui est visitée et utile à l'éducation des enfants scolarisés. Je suis fier de ce qui a été accompli durant 18 ans de présidence avec les vices présidents et élus du comité directeur, avec les agents au service de l'intérêt général. On était bien tous ensemble ; Je les remercie tous. Cette équipe d'agents : cadres, techniciens, administratifs,  je lui ai fait confiance, je l'ai renforcée en effectifs, je n'ai pas hésité à investir dans la formation, à favoriser la promotion professionnelle, le développement des qualifications et des compétences dans le but de mieux encore protéger notre environnement. Je souhaite à chacun d'aussi bonnes conditions de travail à la CARCT. Et je le dis à ceux qui ont voulu tuer le Dédé avec le syndicat, je ne suis pas éteint, au contraire ; j'avais décidé d'arrêter mes fonctions d'élu en 2020, mais, élu ou pas, je continuerai à me battre contre toute les injustices et contre les parlementaires qui votent des lois comme la loi NOTRe. » ... Suivez son regard !

 

Des postures politiciennes dévastatrices

De fait, l'ex-président du SARCT, est en droit de tirer une légitime fierté du travail accompli au cours de son mandat de 18 années et se recommander d'un engagement sans faille au service des communes et de l'intérêt général. Sans aucun doute, au papier, méritait-il, entre autres candidats, que lui revienne la délégation « assainissement » au sein du conseil communautaire de l'Agglo. Mais son problème à « dédé », ainsi qu'il le reconnaît lui-même, demeure en effet la politique politicienne et son militantisme (très à gauche, pour le coup) qui, depuis toujours, lui ont valu localement pas mal d'inimitiés jusqu'à déboucher sur ce fâcheux épilogue pour l'élu fort sympathique qu'il est, au demeurant.

Agence de presse : Lambertmultimedia