• caves maison tourisme
  • mac doc salades
  • Maison tourisme 0616
  • Mercedes  classe a
  • publier après foire
  • sarct après foire
  • macdo2
  • Leclerc
  • ets fevrier
  • métropolis2007
  • bureau 02
  • garage eugénois
  • para leclerc
  • bureau 02
  • Levy élagage
  • cjc 2017 2018
  • kkd 2
  • mac do 2
  • Absinthe
  • fort 4x4
  • ets fevrier
  • absinthe
Pluie de médailles chez NTN

Pluie de médailles chez NTN



Crézancy - Fossoy (02) -

Antoine Selosse, directeur de l’entreprise NTN, forge de Crézancy a remis 12 médailles d’honneur du travail a 9 de ses salariés dont certains déjà partis en retraite sont revenus pour l’occasion...

C'est à la Ferme du ru Chailly qu'avait lieu la réception. Entourés de leurs familles, les salariés ont écouté le discours plein d'ironie et de sous- entendus de leur dirigeant Antoine Sélosse - que seuls les membres de cette famille pouvaient comprendre - ! Il est vrai que les relations entre les salariés et la direction semblent très conviviales et chaleureuses, les deux parties sont fières les unes des autres et l'outil de travail compte beaucoup pour toutes et tous.

C'est en présence, du préfet d'arrondissement, Ronan Léaustic, du député de la 5ème circonscription, Jacques Krabal, du maire de Château-Thierry, Sébastien Eugène  que les récipiendaires ont été épinglés individuellement et ont reçu leur diplôme. L'homme n'a pas manqué de jeux de mots, rappelant quelques anecdotes sur le travail de chacun des médaillés avant de les épingler. Ils étaient cinq à recevoir la médaille Grand or : Marc Berthiot, Patrice Boudin, Yves Jamin, Jean-Claude Leclere, Didier Xhaard. Un pour l'argent : Laurent Lalu. Deux pour l'or : Ahmed Miri et Michel Duparc.

Une exception parmi les médaillés, Thierry Montvoisin a reçu les médailles d'agent, de vermeil et d'or !

La réception s'est terminée autour d'une sympathique collation (préparée par la salle Laurianne de Fossoy) à se remémorer les anecdotes qui ont jalonnés toutes ces années passées à la vitesse de l'éclair !

Discours d'Antoine Sélosse

"Je suis très heureux de vous retrouver au Ru Chailly pour accompagner ensemble les jeunes (et moins jeunes) impétrants dans l'institution qu'est la médaille d'honneur du travail. Votre promotion est un millésime remarquable, par la date de cette cérémonie. Si chacun a son idée de ce qui fait ce particularisme, permettez-moi d'en donner les raisons avant de procéder à l'épinglage traditionnel de ladite médaille. C'est le moment de mettre la plaque en kevlar : cette précaution est de mise, vous pouvez en parler à la dernière promotion...

D'abord, et Monsieur le Sous-préfet me corrigera si je suis inexact, cela fait 70 ans que cette médaille existe sous sa forme actuelle ; elle a remplacé son aïeule le 15 mai 1948 qui répondait au nom de « médaille d'honneur des vieux serviteurs ». Nous ne pouvons que féliciter cette initiative qui aura neutralisé cette appellation quelque peu irrévérencieuse.

C'est aussi l'année d'un autre anniversaire, plus solennel et plein d'émotion - celui de la fin de la grande guerre. Ici, dans la région de Crézancy, théâtre de la seconde bataille de la Marne, les combats furent féroces et meurtriers. Entre le 15 et le 20 juillet 1918, notre usine sera témoin de ces luttes et finalement victime : l'usine sera presque complètement détruite. La 3ème Division d'Infanterie américaine et des régiments sous les ordres du général Mangin tiendront le choc des offensives et contre-offensives successives de l'ennemi qui avait franchi la Marne par le nord. Les ruines de notre usine ne sont qu'un moindre mal quand je lis les comptes rendus des officiers alliés : plus de 3500 hommes tués à l'ennemi rien que pour les 15 et 16 juillet. Pensez à eux quand vous passez devant le monument de Mézy-Moulins, à côté de la mairie : ce travail là, terrible, valait bien plus qu'une médaille.

A dix mille kilomètres, loin du fracas des armes, naquît NTN, toujours en 1918. Initiales des trois fondateurs : Noboru Niwa, Tomoe Trading Co. et Jiro Nishizono. Cent ans plus tard, l'entreprise est implantée sur les cinq continents et 24 600 personnes sont unies sous le moto : « Pour un monde qui avance en douceur ». Monsieur le Député : je sais que c'est l'année de la francophonie et j'espère que vous me pardonnerez ce latinisme isolé. Cette devise est une invitation du président Okhubo à préparer les cent prochaines années de notre groupe sous le signe de l'harmonie et de l'onctuosité, et à accompagner le monde du mieux que l'on peut grâce à notre technologie.

Ai-je oublié une date ? Oui bien sûr ! Cela fait dix ans que l'usine de Crézancy a rejoint le groupe NTN. Son rachat par la division Transmissions Europe a permis de conserver une des dernières forges de l'Aisne, si ce n'est la dernière, et surtout une âme, un savoir-faire et son plus précieux atout : nous.

Les cent prochaines années, nous comptons bien les mettre à profit pour continuer notre histoire : dans celle du groupe NTN, du territoire et dans celle des familles, que nous aurons le plaisir d'accueillir en avril lors de la journée du 7 avril. Nos ambitions pour Crézancy ne sont pas cachées : sur le socle de notre tradition technique, devenir la référence européenne du groupe dans la technologie du forgeage, en s'appuyant sur nos compétences en R&D et notre vecteur de performance qu'est la fabrication des outillages. Année après année, nous avons relevé les défis qui se présentaient et nous avons éveillé l'intérêt de nos décideurs. Après la réussite du projet de forge des cannelures pour BMW, j'ai reçu l'information la semaine dernière que nous étions les meilleurs des trois forges du groupe en rendement sur presse de chaud automatique, après seulement 5 ans d'exploitation. C'est ça l'esprit de notre usine, notre esprit : petit mais costaud. Notre combativité, peut-être la devons-nous un peu à l'histoire. Ou bien, est-ce une soif de revanche, blessé d'avoir vu le site riche de 2000 personnes en 1979 fondre comme neige au soleil ? Je ne saurai dire ; mais je constate aujourd'hui l'écho de notre travail. Cette épaisseur, cette consistance, c'est nous tous qui la lui avons donnée. Bientôt nous entamerons la construction d'un bâtiment pour abriter une machine de calibrage qui démarrera en 2019. Ensuite ce seront deux lignes de forge automatiques qui complèteront le parc en 2021. Et après ? Nous viserons enfin la diversification : des nouveaux produits, toujours pour le groupe, peut être à l'emplacement de la Forge 1, cette vieille dame qui aura besoin de soins en profondeur.

Ce nouveau centenaire démarrera sous de bons auspices, avec des projets ambitieux. Ai-je des craintes ? Bien sûr que oui : le monde que nous connaissons se transforme, il y a même une odeur de fin de civilisation parfois. Les projets se font et se défont. Mais il y a une chose dont je suis sûr : c'est vous : Forgerons, outilleurs, techniciens, ingénieurs : j'aimerais bien un mot pour vous appeler tous (francophone de préférence). Vous avez travaillé pour faire de notre entreprise ce qu'elle est devenue ; vous avez à cœur de continuer de la faire avancer. La force de ma conviction pour faire avancer les futurs investissements, c'est vous qui me la donnez !

J'ai déjà pas mal parlé, il me reste deux petites choses à vous dire. Je remercie les épouses, les enfants pour leur soutien et leur compréhension - la panne du vendredi soir est loin d'être une légende ! - C'est parfois compliqué quand nous rentrons dans nos foyers avec une part de nos tracas. Le réconfort qu'apportent les familles est précieux.

Enfin, je vous encourage, je vous ordonne même, à alimenter la flamme d'ingéniosité qui brûle en vous tous : cultivez-la, nourrissez-la, écoutez-la. Nous n'avons pas encore tout découvert. Le mot de la fin sera : la bernique.

Ce petit animal, Monsieur le Sous-préfet, doit vous rappeler votre Bretagne natale. Mais saviez-vous que les dents de ce mollusque sont trois fois plus résistantes que nos outils de forge ? Une structure complexe à base d'oxyde de fer, fabriqué à base d'eau de mer et à 12°C ; quand nos aciers à outils sont élaborés à 1500°C, je me dis que nous avons de la marge de progression !

Je vous laisse y réfléchir et on s'en reparle... dans cent ans."

PLUS DE PHOTOS -  libres de droits