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Avis de tempête sur l’hôtel-Dieu

Avis de tempête sur l’hôtel-Dieu



Château-Thierry -

L’affaire a éclaté en pleines Journées du Patrimoine, faisant l’effet d’une bombe. C’est au cours de la cérémonie organisée en hommage à Micheline Rapine (voir nos actus d’alors), le samedi 14 septembre, en effet, que François Alvoët, président de l’association Arts et Histoire, a publiquement fait part de son émoi après avoir appris, la veille même, que la direction du centre hospitalier envisageait de se séparer de sa “branche patrimoniale et culturelle non dédiée aux soins”. Traduisez : la vente des forêts et terres agricoles, mais aussi des biens immobiliers et mobiliers à savoir les anciens bâtiments du centre-ville abritant aujourd’hui les inestimables collections du musée du Trésor de l’hôtel-Dieu dont il est également propriétaire.

 


Alexandre Fritsch : Vendre les "bijoux de famille" pour renflouer les caisses


Alexandre Fritsch, le directeur du centre hospitalier, que je suis allé rencontrer précise agir en accord avec l'Agence Régionale de Santé (ARS de Picardie) et justifie cette décision par le besoin impérieux, vital même, de renflouer les caisses de l'établissement face à une dette cumulée de 10 M€ et un besoin en investissements à même hauteur.

Héritier direct des hospices civils, les biens de l'hôpital se sont accumulés au fil des siècles grâce à de nombreux legs et donations à la communauté des Augustines. Il possède, dans toute la contrée, 406 hectares de forêt et 77 hectares de terres agricoles. Il dispose également des terrains dits de La Charité où se trouvent l'EHPAD Bellevue, la Maison d'Eloïse et la crèche intercommunale ainsi que - nous y revoilà - du gigantesque ensemble immobilier du cœur de la cité (bâti en 1304 et reconstruit en 1876) qu'il a occupé jusqu'à son transfert, route de Verdilly, en 1983. Alexandre Fritsch ajoute qu'il a fait venir les Domaines pour une estimation globale et que l'ensemble de ce site pourrait pile correspondre auxdits cruciaux besoins « en argent frais » (entendez : plus de 10 M€). L'hôtel-Dieu fait donc bien partie du lot même si le directeur affirme, évidemment, faire la différence entre les terrains, le corps de bâtiments, les deux pavillons abritant le pôle de santé public, la chambre mortuaire, les maisons de fonction, les préfabriqués, la chapelle... et le musée (qu'il juge "exceptionnel").

 

François Alvoët : « La protection du Trésor ne peut être remise en cause par de simples considérations marchandes ! »


De son côté, mesurant l'ampleur de la menace qui pèse aujourd'hui sur l'avenir du musée, François Alvoët, à la tête d'Arts et Histoire (créée en 1992 pour animer les collections et qui - soit dit en passant - regroupe plus de 450 adhérents, ce qui en fait, de loin, la plus grosse association de la ville), a fait sonner le tocsin dans toute la contrée et au-delà. Il expose : « Le fonctionnement du musée du Trésor de l'hôtel-Dieu est régi depuis 2010 par une convention tripartite liant l'hôpital, la communauté de communes et notre association. (...) Après trois ans d'immobilisme, le centre hospitalier manifeste clairement aujourd'hui sa volonté de désengagement total dans notre projet commun. (...) Quels que soient les justificatifs économiques avancés par la direction de l'hôpital, nous n'accepterons jamais une spoliation du Trésor du musée de l'hôtel-Dieu. Le Trésor est un legs à l'humanité. Il appartient à tout le monde et ne saurait constituer "une variable d'ajustement économique". La collection et les bâtiments qui l'abritent forment un ensemble indissociable et cohérent qui découle de son caractère de "musée hospitalier" en raison de ses collections spécifiques ». Outre le fonds de matériel hospitalier ancien - qui, en effet, constitue déjà un musée à part entière - le Trésor recèle un extraordinaire gisement patrimonial constitué de plus de 1 300 pièces d'art, art sacré, mobiliers et objets précieux provenant du mécénat (en particulier la famille Stoppa) et de legs au fil des siècles. Tous ces objets ont été exhumés des greniers - qui en renferment encore autant - patiemment inventoriés 30 années durant et mis en valeur au fil de 18 salles d'exposition ouvertes au public depuis 2010 grâce, notamment, à l'important apport financier de la communauté de communes.

Le président d'Arts et Histoire insiste : « Malgré les protections juridiques attachées au musée, nous sommes conscients du péril qui le menace. Ce péril de dispersion fut maintes fois surmonté au cours de l'histoire. Protégé à la Révolution du vol et du pillage par son statut de "Bien des pauvres", ce précieux patrimoine a survécu au marasme. Au cours des deux guerres mondiales, il fut encore protégé de tout danger de dispersion par les sœurs augustines qui le transférèrent à Pierrefonds puis à Laval. La protection du Trésor ne peut aujourd'hui être remise en cause par de simples considérations marchandes ».

La place me manquant ici, je reviendrai sur les solutions envisageables, sentant bien que, des deux côtés, les portes sont loin d'être fermées. Du reste, il serait sans doute souhaitable que les négociations s'engagent - avec l'appui des élus - pour le moins avant les journées événementielles, prévues fin octobre, à l'occasion des 30 ans du centre hospitalier de la route de Verdilly, lequel, précisément, recevra alors officiellement le nom de baptême "Jeanne de Navarre", fondatrice de l'hôtel-Dieu. A défaut d'apaisement donc, gare au grabuge !