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La mer qu’on voit danser…

La mer qu’on voit danser…



Château-Thierry -

Comme promis, je poursuis le récit de ma dernière semaine de vacances. La grand-voile est hissée, il faut dérouler le génois ! Chacun à son poste, il faut tourner la manivelle sur le winch. Les gars font ça en sifflotant ! Mais pour Françoise et moi, c’est un peu moins facile et ça fait bien rire ces messieurs. Malgré tout, l’un d’eux finit toujours par venir nous aider, heureusement…

 

Ce matin, la mer est calme, il y a un peu de vent pour naviguer. Nous sommes à 6 nœuds, vent à 12 : tout est normal. Je barre car j'ai un peu la nausée. Pourtant, j'ai pris mes drogues anti-mal de mer... Nous sommes au 2ème jour. La première nuit au port s'est très bien passée. Petit déjeuner copieux sur le pont et au soleil comme recommandé par les pros !

Nous sommes en pleine mer, pause pour le déjeuner, et quel déjeuner ! Ça commence par du foie gras fait maison par Alain ! Sur le bateau, c'est top... Le repas terminé, Françoise et moi sommes réquisitionnées pour monter, cette fois, le spinnaker avec Gérard le skipper. Nous attachons nos longes sur la ligne de vie et nous voilà partis à l'avant du bateau. Le spi est une grande voile souple que l'on installe au gré des besoins ou envies (la volie jaune et grise sur les photos). Gérard attache les 3 points d'accroche et il nous guide dans nos gestes pour lâcher la toile petit à petit alors que les quatre autres hissent, bordent, barrent... Tout est en place. Quelques réglages et Jean abat puis loffe. Nous gitons. Le bateau est au largue. Il faut régler balancine qui bloque. Les penons sont horizontaux. Ca file à 7 nœuds, le vent tantôt adonnant, tantôt refusant. Nous gardons le cap, les voiles faseyent. D'ici peu, nous allons affaler le spi pour pouvoir virer de bord. Réglage du génois. C'est là que le barreur doit faire pivoter le safran pour virer à 90°. Patrick reprend la barre, ça gite un max ! Magnifique ! nous sommes entre les deux embarcations de nos copains. La mer scintille au soleil. Tout le monde a la banane !

 

    

 

 

Nous n'aurons pas le temps de faire ces manœuvres. Tout à coup, le spi se dégonfle, le vent s'engouffre mal et voilà qu'il s'entoure sur l'étai, il part en torche... La vitesse retombe, le bateau ralentit... Notre skipper pense que ça va s'arranger. Eh bien, non !... La voile s'emmêle vraiment autour de l'étai. Nous voilà à tirer tous ensemble sur le spi qui, coincé, refuse de descendre. A six dont quatre bons gaillards : rien à faire. Nous en attrapons 1 mètre... 2 autres repartent aussitôt ! Soudés dans le cockpit et dans l'action nous ne faisons qu'un ! Un seul à la barre, nous changeons de poste régulièrement ! Françoise est tombée, affalée sur la voile. Nous lui marchons dessus pour agripper ce spi récalcitrant. Pierre tombe à son tour dans le carré. Groggy, il remonte, la tête en vrac, mais nous ne pouvons pas nous occuper de lui. Il faut maintenir la voile à tout prix ! Il se requinque et revient à l'assaut. Il reste 50 cm en bout de voile, 50 cm dans lesquels le vent s'engouffre. Nous ne lâchons pas. Nous y sommes presque. Ça fait ½ heure que ça dure. Epuisés. La voilà, ça y est, nous l'avons... Ouiiii, bravo !!!! La joie ne dure que peu de temps ! Revoici un coup de vent tellement puissant que la voile nous échappe à nouveau. Alain manque de partir avec. La voilà en drapeau à l'arrière. Pas moyen de la descendre car la drisse est emmêlée et tout est bloqué. Extenués, abattus, déçus, dégoutés, et surtout sans savoir comment nous y prendre pour libérer le libéré ce satané spi. Après tant d'efforts, voir ainsi tout anéanti nous rend dingue. Le skipper, lui, ne perd pas son calme, heureusement. Il sait qu'il n'y a pas de danger : la mer est calme, pas de rochers dans le secteur. Mais, bon sang de bonsoir, il faut la rattraper cette voile ! Il nous invite tous à nous asseoir histoire de récupérer et reprendre des forces. Un quart d'heure de pause, retour au calme. Nous allons y arriver. Un peu d'eau. Nous retroussons les manches et nous voilà repartis à l'assaut de la récalcitrante.

 

   

 

 

 

Le skipper reprend la barre, marche avant, marche arrière au moteur, la voile flotte toujours au vent derrière le bateau. Le reste de l'équipage est à l'arrière du cockpit, chacun une main accrochée au bastingage, l'autre tendue pour l'attraper. - Je l'ai ! -Je la tiens ! - Moi aussi ! Tout le monde s'accroche. Le vent tire, puis pousse et nous balance dans tous les sens. Nous tirons, de toutes nos forces : « Il faut l'enrouler sur lui-même ! Allez tournez, tournez ! Mais noooon !!!! Pas dans ce sens, dans l'autre, dans le sens des aiguilles d'une montre, tous dans le sens des aiguilles d'une moooontre ! ». Eh bien... dans la panique, je me suis demandé 3 secondes dans quel sens tournent les aiguilles d'une montre ! Puis nous avons tourné, tourné, tourné, tourné tour....Toujours ces derniers 50 cm qui prennent le vent et emportent le reste...  « Prenez le sac, mettez tout ce qui est enroulé dans le sac ! » Petit à petit, nous avons fourré cette toile dans son emballage. Les derniers centimètres enfouis, le skipper a pris le sac et fait le tour de l'étai pour démêler la drisse toujours prise. Terminé !!!! Nous pouvons maintenant nous reposer, nous poser et souffler. C'est alors que les deux bateaux des copains inquiets de notre retard reviennent à notre rencontre. Pouuuuh c'était physique !

 

 

 

Le voilier repart, nous suivons la mini flotte tranquilou. Chacune et chacun se remettent de leurs émotions, racontent leur ressenti, leurs difficultés. Nous évaluons les bobos de Françoise et Pierre estimons les bleus que nous aurons probablement demain. Un petit goûter, un coup à boire et nous n'y pensons plus. C'est sans compter sur Gérard et Patrick. Les voici qui montent à l'avant du bateau... avec quoi ? Je vous laisse deviner ! Oui c'est bien ça ... avec le spi !!! Tout à l'heure, le skiper a demandé si nous voulions le remettre et à l'unanimité c'était non ! Or, eux, pensent qu'il faut battre le fer tant qu'il est chaud et réinstaller le spi dès maintenant car plus nous attendrons, moins nous voudrons le faire (dixit)... Françoise et moi nous nous approchons du pont et nous nous préparons à la manœuvre. Chacun l'appréhende à sa manière. Les garçons bordent et nous lâchons la toile petit à petit... Tout se passe bien, Alain positionne le bateau au largue, le spi se gonfle et c'est reparti ! Nous restons un moment à l'avant, Françoise et moi, à peine tendues, lol ! Le skipper hyper content nous félicite tous !

C'est fini, j'ai la nausée, je retourne à la barre !

Nous approchons du port... A suivre !